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Une ONG déplore des méthodes de torture très dures

Une ONG tunisienne a dénoncé mercredi le recours persistant à des méthodes de torture très dures en Tunisie, notamment dans des postes de police, et l’absence d’un engagement sérieux du pouvoir pour mettre fin à ce phénomène. Malgré la révolution, la torture continue en Tunisie et des formes très dures sont pratiquées par des agents de police en toute impunité, a déclaré à l’AFP Radhia Nasraoui, présidente de l’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT).

En 2017, six ans après la fin du régime policier de Ben Ali, cette ONG a été saisie de 80 cas de violation physique et de torture, selon son rapport annuel publié mercredi. En outre, des enquêtes ont été ouvertes après des plaintes pour tortures concernant le décès de cinq personnes. Il n’y pas d’indicateurs sérieux montrant l’engagement du pouvoir politique pour faire appliquer dans la réalité les normes internationales des droits de l’Homme, déplorent les auteurs de ce rapport.

Dans 35% des cas, les victimes ont été maltraitées dans des postes de police, 32% dans des prisons, et 24% dans des lieux publics, précise l’OCTT. Selon l’ONG, 90% des victimes sont des hommes. La majorité d’entre eux sont des jeunes majeurs: 72% ont entre 19 et 39 ans, 23% ont plus de 40 ans et 5% entre 14 et 18 ans. Outre les coups et insultes, la position du « poulet rôti » qui consiste à attacher une personne nue à un poteau durant de longues heures, les bains d’eau froide en plein hiver ainsi que les chocs électriques et les tentatives de viol, sont toujours pratiqués.

Les personnes pauvres, n’ayant pas les moyens de désigner un avocat, sont celles qui sont les plus ciblées par la torture, a souligné de son côté Chokri Latif, vice-président de l’OCTT. En outre, selon l’ONG, 77 personnes dont 5 femmes se trouvent dans le couloir de la mort en Tunisie, après avoir écopé de la peine capitale toujours en vigueur, bien que le pays observe un moratoire sur les exécutions depuis 1991. La peine capitale est aussi une forme de torture, a ajouté M. Latif, également président d’une coalition tunisienne contre la peine de mort. Depuis son indépendance en 1956, la Tunisie a procédé à 135 exécutions, pour l’essentiel sous la présidence de Habib Bourguiba (1957-1987). La nouvelle loi antiterroriste, adoptée en juillet 2015, a maintenu la peine de mort malgré des appels à l’abolir.

Avec AFP

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