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Un tribunal autorise un Tunisien à retirer de son patronyme une référence à l’esclavage

À 81 ans, Hamdane Dali vient de remporter une belle victoire. Le vieil homme noir de Médenine, lointain descendant d’esclave, n’aura plus à porter ce stigmate historique.

Le tribunal de la ville a accepté le 14 octobre que le terme « atig » ancien esclave de la famille Dali, soit supprimé de ses documents d’identité et de tous ceux de sa famille.

De nombreux Tunisiens de la minorité noire ont encore officiellement les termes « atig » ou « chouchane » (esclave) accolés à leur nom, près de deux siècles après l’abolition, en 1846, de l’esclavage en Tunisie.

Aujourd’hui encore des enfants naissent avec le nom atig, s’indigne Saadia Mosbah, qui a soutenu la famille Dali dans sa démarche. Un nom très lourd à porter. Sur une copie d’examen, sur un CV pour chercher un emploi, etc., il fait d’emblée chuter la considération envers la personne, commente-t-elle. Il y a eu aussi des esclaves non noirs en Tunisie, mais ces appellations sont restées uniquement pour la minorité noire, ajoute-t-elle.

En 2017, le fils de Hamdane Dali, Karim Dali avait déposé une requête auprès du ministère de la justice pour que soit supprimée cette appellation « atig » humiliante. Cela avait alors été refusé, sans aucune explication, rapporte Saadia Mosbah.

Depuis, la Tunisie a adopté, en octobre 2018, une loi sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui a sans doute changé la donne. L’argumentaire de la décision du tribunal de Médenine, non encore publiée, sera éclairant sur le sujet. Celle-ci fera en tout cas jurisprudence pour toutes les familles désireuses de ne plus être stigmatisées.

Avec agences

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