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Tunisie: un manifestant affirme avoir été passé à tabac et agressé sexuellement

Les autorités tunisiennes devraient ouvrir une enquête sur des allégations selon lesquelles la police a passé à tabac et agressé sexuellement un manifestant alors qu’elle dispersait une manifestation à Tunis le 12 mars 2019, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Wajdi Mahouachi, 31 ans, a affirmé à Human Rights Watch qu’il participait à une manifestation sur la place du Gouvernement à Tunis, à l’appel d’activistes sur Facebook, visant à protester contre les mauvaises conditions sanitaires dans les hôpitaux publics tunisiens, quand la police l’a agressé.

Le 19 mars, Mahouachi a porté plainte contre les agents de police, pour viol et agression, devant le Tribunal de première instance de Tunis. Il semble que la police ait brutalement agressé un manifestant qui n’offrait pas de résistance et ne représentait aucun danger, a déclaré Amna Guellali, directrice pour la Tunisie à Human Rights Watch. Les autorités tunisiennes devraient enquêter sur la base de la plainte déposée par Mahouachi et, si cela se justifie, punir quiconque lui aurait fait subir des abus, a-t-elle ajouté.

Peu après le début de la manifestation, des agents de police ont encerclé Mahouachi, l’ont frappé, lui ont arraché son pantalon et son sous-vêtement et l’ont hissé de force dans un fourgon de police, selon le récit fait par Mahouachi à Human Rights Watch. Il a ajouté qu’un des agents de police l’avait agressé sexuellement à l’intérieur du fourgon en lui introduisant un doigt dans le derrière. Mahouachi a également affirmé que les policiers lui avaient refusé le droit, pourtant prévu par la loi tunisienne, de contacter un avocat lorsqu’il a été placé en garde à vue.

La police a gardé Mahouachi à vue pendant la nuit, puis l’a transféré dans un hôpital psychiatrique. Il a été remis en liberté le lendemain après avoir été déclaré « mentalement équilibré », comme indiqué dans le procès-verbal des médecins, que Human Rights Watch a pu consulter. Mahouachi a précisé que bien qu’il n’ait été officiellement notifié d’aucun chef d’accusation, les policiers lui avaient dit qu’il serait formellement accusé d’« insultes à l’égard d’un agent de police » aux termes de l’article 125 du code pénal.

Les manifestants voulaient attirer l’attention sur ce qu’ils considèrent comme de mauvaises conditions prévalant dans le système hospitalier national, caractérisées par un manque d’investissements, l’impunité et la corruption, ont indiqué les organisateurs sur Facebook. Leur action avait été déclenchée par la publication d’informations sur la mort de 15 nouveau-nés dans la section maternité de l’hôpital Rabta à Tunis entre le 7 et le 9 mars.

Outre Mahouachi, deux manifestants ont décrit à Human Rights Watch comment les forces de police ont passé Mahouachi à tabac dès qu’il a brandi sa boîte en carton. Afraa Ben Azza, une étudiante âgée de 21 ans, a affirmé qu’elle était arrivée sur la place de la Kasbah vers 17h et que des dizaines de manifestants s’y trouvaient déjà. Elle a précisé que les manifestants s’étaient rassemblés sur des escaliers et contre des grilles d’immeubles entourant la place et qu’ils ne bloquaient pas les rues : j’ai vu Wajdi Mahouachi qui portait une boîte en carton. C’est à ce moment-là que cinq ou six agents ont couru vers lui, ont commencé à le rouer de coups de poing et de coups de pied et l’ont projeté en bas des marches, puis l’ont traîné vers le fourgon de police.

Au moment de la rédaction de ce communiqué, le ministère de l’Intérieur n’avait pas répondu à une demande d’informations sur cet incident déposée par écrit par Human Rights Watch le 21 mars.

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