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Officiel : le couscous est désormais au patrimoine immatériel de l’Unesco

Après une candidature commune de quatre pays du Maghreb, les savoirs, savoir-faire et pratiques liés à la production et à la consommation du couscous sont officiellement entrés, ce mercredi, au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Cette nouvelle inscription reconnaît la valeur exceptionnelle du couscous et des savoirs, pratiques et savoir-faire qui l’entoure, annonce l’Unesco dans un communiqué. Elle incarne également la coopération culturelle entre 4 pays qui ont ce patrimoine en commun : Algérie, Mauritanie, Maroc et Tunisie, ajoute le communiqué.

Cette inscription conjointe est une très belle réussite. C’est un signe fort de reconnaissance culturelle et c’est aussi un vrai succès diplomatique, sur un sujet si important et si symbolique pour les peuples de toute cette région, et bien au-delà. Ce consensus montre qu’un patrimoine culturel peut être à la fois personnel et exceptionnel, et transcender les frontières, déclare Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Unesco.

L’histoire de ce plat d’origine berbère, est non seulement très ancienne – car on mange du couscous depuis le Moyen âge au moins – mais aussi complexe et très variée.

Car le couscous est un plat qui jalonne la vie des populations de ces quatre pays, et bien au-delà : il n’y a pas un mariage, une fête ou une réunion familiale sans couscous. C’est donc à la fois un plat de l’ordinaire et de l’exceptionnel, associé tant aux joies qu’aux peines, consommé tant chez soi qu’en dehors, dans les « zaouïas » par exemple (lieux de cultes traditionnels) ou même en plein air à l’occasion d’offrandes et d’échanges de dons.

Femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, sédentaires et nomades, issus du monde rural ou urbain, sans oublier bien sûr la diaspora, le couscous accompagne des populations entières de la naissance à la mort. C’est en cela que le couscous ne peut se résumer seulement aux mets emblématiques qui le composent : le couscous est bien plus qu’un plat, c’est un moment, des souvenirs, des traditions, des savoir-faire, des gestes qui se transmettent de génération en génération.

Il y a ainsi autant de recettes de couscous que de familles et une variété infinie de nuances entre les régions, la composition changeant selon les écosystèmes, selon que l’on se trouve en plaine, dans les montagnes, dans des oasis, près du littoral ou dans des îles – faisant du couscous un véritable plat miroir des sociétés où il est cuisiné.

Appelé selon les régions « Seksou », « Kousksi », « Kseksou », le mot « couscous » est issu de la transcription latine des termes berbères « Seksu », « Kuseksi » et « Kseksu » (grains bien roulés).

La harissa pourrait, elle aussi, suivre le même chemin. Après plusieurs années d’hésitation et de pourparlers, la requête a en effet été transmise par la Tunisie en 2018. La réponse de l’Unesco et la validation de cette demande ne devrait plus tarder.

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