Billet d'humeur

Méhiar Soussi, le Mozart de Testour : c’est dur de mourir à 22 ans

Il est né à Testour, village de la culture, des arts, de la musique et des fruits rouges. Il s’appelait Méhiar. Il évoluait doucement dans cet environnement pur et musical. Sa passion pour la musique en général et les instruments en particulier fut remarquée très tôt.

Comme un petit Mozart, à peine cinq ans, le violon fut partie de sa vie. Ce fut sa passion pour la vie jusqu’à en faire son choix d’études approfondies. A 14 ans, cet enfant prodige qui faisait la fierté de Testour devient un artiste confirmé. A 19 ans, il était sollicité de partout et enflammait les différentes scènes avec son violon d’exception. A 21 ans, tous les jeunes passionnés de musique s’identifiaient à lui et son club d’amis et de fans s’élargissaient étrangement. Tout le monde l’aimait. Il était si gentil, si agréable, si délicat, si attachant et si généreux.

Il avait fait le plein lors de son dernier spectacle au théâtre municipal à Tunis en novembre dernier. Ils étaient venus, ils étaient tous là pour l’acclamer et l’aduler. Tout Testour était fier de leur enfant prodige et ses parents encore plus. Pour être encore plus près de la capitale et de ses commodités, Il choisit d’habiter la Marsa. Les Saints de Testour et de la Marsa veillaient sur lui. Toujours aussi perfectionniste, il ne rate aucun stage ayant rapport au violon. Il y a dix jours, une opportunité de stage l’appela au voyage. Destination Paris, ville des lumières. Ce voyage, sera le dernier.

Avant de partir, il était resté un peu plus longtemps avec ses parents et les embrassa très fort comme il ne l’avait jamais fait, comme s’il sentait que c’était un adieu. Une semaine à peine, Il s’est réveillé par un triste et gris matin à Paris pour ne plus se réveiller par la suite. Il était mort brutalement. Son délicat cœur l’avait lâché ! Nouveau drame dans le monde des arts amateur. Il n’a pas pu être réanimé par les secours laissant ses amis à Tunis profondément bouleversés par la nouvelle.

Il était à lui seul un hommage à sa ville, à ses parents, à sa musique et à tous ses amis qui ont écrit ce qu’il restera de lui : Il restera de toi ce que tu as donné..Il restera de toi de ton jardin secret, une fleur oubliée et un violon qui ne s’est pas fané. Ce que tu as donné, en d’autres fleurira. Il restera de toi ce que tu as offert entre les bras ouverts un matin au soleil. Il restera de toi ce que tu as perdu que tu as attendu plus loin que les réveils, Ce que tu as souffert, en d’autres revivra. Il restera de toi une larme tombée, Il restera de toi ce que tu as semé. Ce que tu as semé, en d’autres germera. Et on sait que tu nous répondras de ne pas rester à pleurer autour de mon cercueil, le jour de mon arrivé à Testour jeudi prochain.

je ne dors pas, je ne suis que le scintillement du diamant sur la neige, Je ne suis que la lumière du soleil sur le blanc mûr, je suis la douce pluie, je suis l’envol hâtif. je suis le prompt essor qui lance vers le ciel où tournoient les oiseaux silencieux. Je suis la douce étoile qui brillera, la nuit, Ne restez pas à pleurer devant ma tombe, je n’y suis pas car je suis en vous et dans le cœur de ceux qui m’aiment. Dites leurs, que je suis allé rejoindre une symphonie que je préparais. Elle est restée inachevée..

Il va si manquer à ses amis, à la musique, à tous ceux qu’il avait envie d’éclairer avec sa passion. Il voulait faire de sa vie, une symphonie. Testour, la Marsa et la Tunisie perd un musicien d’exception, un jeune homme pur et aux qualités rares.

Jeudi prochain, son corps froid sera de retour de Paris… d’où toute vie s’était échappée. Ses parents lui tiendront la main, le serreront, l’embrasseront une dernière fois. Ils pleureront chaque jour des sanglots imprévisibles et irrépressibles. Ils resteront encore stupéfaits lorsque, croyant pouvoir lui téléphoner, ils se souviendront qu’il n’est plus là. Une flamme s’est éteinte en eux, comme s’ils étaient un peu morts avec lui.

N.A

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