Culture

Max Azria : gloire et décadence d’un natif de Sfax

Il était une fois, le couple Azria, modeste producteur d’huile d’olive, choisit la ville de Sfax pour y vivre. Leur vie n’était pas aussi facile et ils travaillaient dur pour pouvoir faire vivre leurs six enfants. L’un d’eux qui s’appelait Max souffrait en silence de voir ses parents trimer pour faire vivre la fratrie. Il s’était juré qu’un jour, le nom Azria sera connu dans le monde entier.

Ses parents décidèrent de tenter leur chance en s’installant à Paris avec leurs enfants. Max avait à peine 13 ans. Il commença par travailler dans les boutiques de mode parisiennes. Son esprit aussi vif que son intelligence, saisit vite tous les rouages du métier. Un peu plus tard Max crée une marque de jeans qu’il faisait produire en partie en Tunisie. Il proposa à son frère Serge de fonder leur propre entreprise qu’ils nommèrent AZ3. Le labeur et le sérieux des deux frères donnèrent peu à peu leurs fruits.

Mais le bonheur n’a pas trop duré. Les deux frères durent vendre le commerce en 1981. La tristesse et la frustration étaient profondes chez le jeune Max. Il ne perdit malgré tout jamais espoir ! Il plia bagage la même année pour rejoindre Los Angeles. Sur place, il fut reconnu par un grand chef d’entreprise qui s’associa avec lui. C’était le patron de Jess, une marque de prêt à porter. Max s’occupa de développer les premières lignes de vêtements pour le marché américain. Des lignes qui restent volontairement empreintes de la mode française.

A ce moment là, Max lance alors BCBG, le nom de l’expression française bon chic, bon genre, un sens argot parisien « beau style, grande classe. » Une première boutique est ouverte à Los Angeles. Max tomba amoureux fou d’une femme et se maria avec elle. Une ancienne danseuse ukrainienne devenue styliste chez lui. Entre Los Angeles et Miami, les affaires reprennent après des années de misère. Max fit fortune. Il se concentre alors sur la mode féminine glamour et les plus grandes stars l’approchent. Sharon Stone, Angelina Jolie et bien d’autres ont porté son label.

C’est en 2008 qu’il lança une nouvelle collection contemporaine pour les jeunes appelée BCBGeneration. Max épouse alors la nationalité américaine et se fera un grand nom. Fort de son succès, il bâtit petit à petit un grand groupe de mode dont sa principale marque d’une ligne atelier qui défilera à New York. De prestigieuses signatures seront achetées telles Dorotennis, Manoukian ou encore Hervé Léger, qu’il parviendra à faire revivre dans les années 2000. Après l’entrée de plusieurs fonds au capital, Max Azria quitte finalement ses fonctions dirigeantes au sein de BCBG en 2016.

Un an plus tard, le dépôt de bilan est déposé. La reprise a été faite par le groupe américain Marque Brands aujourd’hui toujours propriétaire de BCBG Max Azria et de la ligne jeune BCBGeneration. Malgré la fermeture en 2017 de nombreuses filiales, notamment en France et au Japon, Max Azria, avait alors complètement changé d’univers, la mort dans l’âme, devenant cadre exécutif chez ZappLight, une entreprise américaine d’ampoules LED.

Il eut la nostalgie de revenir dans une Tunisie et surtout dans sa ville natale de Sfax. Il retrouva même de la famille et eut les larmes aux yeux en retrouvant les cousins de ses parents et assista même à un mariage des siens à la municipalité. Il voulut revoir l’appartenant de ses parents. Sur les lieux de son enfance, les larmes de nostalgie et d’émotion coulèrent à flot quand il retrouva la maison dans les bidonvilles de Sfax.

Son épouse Lubov Azria a annoncé ce mardi qu’il s’est éteint à Houston, aux Etats-Unis, son pays d’adoption depuis 38 ans.

les commentaires

comments

Les plus populaires

Nous contacter : enbref.tn1@gmail.com

Copyright © 2015-2019