Santé

L’impuissance sexuelle, problème de santé publique en Tunisie

Après la consultation du médecin généraliste, l’urologue reste le praticien le plus sollicité par le patient qui souffre de dysfonction érectile. Un syndrome sans âge de prédilection, associé le plus souvent à d’autres pathologies. Il nécessite des investigations poussées et une prise en charge pluridisciplinaire.

Une enquête épidémiologique prospective en Tunisie avait comme objectif de dresser le profil de la dysfonction érectile en milieu urologique tunisien et d’en identifier les facteurs de risque pour une meilleure prise en charge de ces malades.

Les dysfonctionnements érectiles constituent un problème de santé publique qui affecte le Tunisien. L’identification des facteurs de risque liés au patient lui-même, à son niveau socio-culturel, à son mode de vie et à son environnement, joue un rôle fondamental dans la prévention et la prise en charge précoce de ce groupe à risque. Lenquête en question est épidémiologique prospective et multicentrique des dysfonctions érectiles en milieu urologique. Elle a pu constituer une étude exhaustive menée par le Professeur Lamine Smida et la Société tunisienne de recherche sur la sexualité et l’impotence (impuissance).

Cette étude a été entreprise dans le cadre de la consultation externe d’Urologie du secteur privé et public en coordination avec le service d’épidémiologique et de statistiques médicale à l’Institut Salah Azaiez de Tunis. Nous avons jugé opportun de vous communiquer le résultat de cette enquête.

« Ce sont tout d’abord l’épidémiologie descriptive qui renseigne sur l’incidence et la prévalence de la maladie chez une population déterminée, traitée dans un lieu et durant une période déterminées. L’épidémiologie analytique qui permet de déceler les facteurs de risque de la maladie afin d’en améliorer la prévention ».

Cette enquête avait permis dans un premier temps, de dresser le profil d’une population masculine qui vient consulter pour des troubles de l’érection. Les premiers résultats ont aidé sans doute à une meilleure prise en charge de ces patients. Le grand mérite de cette étude, est surtout de démontrer que les dysfonctions érectiles constituent un vrai problème de santé publique en Tunisie et qui requiert à côté d’une stratégie d’investigations, une multiplicité de moyens thérapeutique afin de vernir en aide à ces patients.

L’étude effectuée dans les années 2000, a permis de sélectionner 353 patients porteurs d’une dysfonction érectile, ce qui constitue environ 3% de la population masculine consultante dans les mêmes structures et durant la même période. Les observations des patients provenaient pour 71,9% du secteur public et pour 28,1% du secteur privé.

Les patients vivaient en majorité en couple (80,7%). Ils avaient une dysfonction érectile qui était le principal motif de consultation pour 61,9% et concernait tous les niveaux d’instruction et toutes les catégories professionnelles. Les antécédents médicaux étaient principalement le diabète (25%), l’hypertension artérielle (20,4%), l’obésité (10,8%) et la dyslipidémie (7,4%).

Les patients étaient des fumeurs 27,7%, des ex-fumeurs (24,1%) et consommaient des boissons alcoolisées d’une manière occasionnelle (27%) ou chronique (6,3%).

Selon l’enquête, la dysfonction érectile était de type organique (14,8%) fonctionnelle (36,8%) ou mixte (12,8%) avec un mode d’apparition lent (17,6%) progressif (61,6%) ou brutal (16,5%). L’aggravation des troubles était le plus souvent de type multifactoriel (49,6%). Les patients venaient consulter en moyenne deux ans après la survenue des troubles de l’érection Ils avaient été adressés par des médecins généralistes (40%), des médecins spécialistes (41,8%).

La libido était mentionnée normale pour 38,8% et diminuée également pour 38,8% des patients. L’éjaculation était précoce pour 12,5%, normale pour 36,3% et absente pour 24,2%. L’orgasme était présent chez 41,5% et absent chez 23% des patients.

Au terme de cette étude épidémiologique, il est licite d’avancer certaine conclusion et d’inviter les médecins à certaines réflexions. Depuis au moins une décennie, la dysfonction érectile n’est nullement une maladie exceptionnelle mais elle constitue un véritable problème de santé publique en Tunisie. Elle concerne en effet, des sujets de tous les âges, à tous les niveaux socio-culturels et à toutes les catégories professionnelles.

Les facteurs de risques étant énumérés, la prévention consiste à les identifier à temps pour une prise en charge précoce de ces patients.

Cette affection qui interpelle l’urologue, requiert souvent la collaboration d’autres spécialistes comme l’andrologue, l’endocrinologue, le sexologue, le neurologue et le psychiatre…

les commentaires

comments

Les plus populaires