Billet d'humeur

Léthargie et mutisme complice des Elites

Nous avons eu droit à une semaine d’effervescence politique, sociale et émotionnelle, suite à une conférence de presse du collectif de défense des martyrs Belaid/Brahmi. Nous avons tout vu et tout entendu. Accusations d’intelligence, créations de réseaux et structures parallèles, implication directe et irréfutable dans ces assassinats, mutisme assourdissant des pouvoirs publics, partis politiques dans le déni total, aucun discours cohérent audible et clairement assumé.

Une seule voix manque à cette agitation. Celle de l’intelligentsia tunisienne de gauche ou de droite, libérale ou socialiste. Hommes de lettres, artistes, philosophes, cinéastes… sont aux abonnés absents. Est-ce qu’ils font défaut ? Sinon vivent-ils dans leur tour d’ivoire ? Sont-ils tombés tout simplement dans le piège et devenus otages d’une idéologie partisane. Ils constituent sûrement une société disparate, aphone depuis des décennies de chape de plomb ? Ont-ils trouvé dans la situation actuelle, un modus vivendi ou operandi pour contourner cet état de déliquescence générale, loin de ces soubresauts qui secouent le corps social en entier. Leur rôle n’est-il pas d’analyser une situation donnée et d’y répondre par un discours de vérité, apaisé et dégagé de toute exaltation ?

L’intellectuel n’est-il pas le seul garant et le plus apte à engager un débat dépassionné, dépourvu d’invectives pernicieuses dans ce tintamarre bruyant, cette atmosphère irrespirable, malsaine, à apporter des réponses appropriées et surtout à changer le cours des choses ? Peu banale qu’elle puisse paraître, cette perception de l’intellectuel peut susciter chez certains, un sourire gêné ou fabriqué. Néanmoins, il ne s’agit nullement d’une simple vue de l’esprit, ni de prendre des vessies pour des lanternes, ni encore moins d’un vœu pieux. Le pays n’est-il pas au bord du précipice ? Ne vivons-nous pas aujourd’hui une veillée d’armes ? Certains le pensent du moins.

Sans parallèle aucun, Zola, le grand tribun reconnu et l’écrivain le plus lu de la littérature française a mobilisé toute l’élite intellectuelle à travers sa lettre ouverte au président de la République « J’Accuse » parue dans le journal l’Aurore en 1898. Cela a permis la révision d’un procès inique et réparer une erreur judiciaire dans l’inoubliable Affaire Dreyfus. L’engagement public et médiatique de tous les intellectuels transforma ce procès en une véritable crise morale et politique. Dreyfus fut gracié et réhabilité dans ses droits.

H.A

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