Culture

Les joies de l’insomnie, par Kais Ben Farhat

Minuit passé, les ivresses diminuées presque disparues, les parents et les amis déjà couchés…viennent les inquiétudes, les pensées obsédantes et les débuts d’insomnie… partent les joies des beaux jours et les discussions en famille ! On recherche le sommeil, au fin fond d’un lit chaud, d’une couette tendre, à l’esprit un lendemain meilleur, sans larmes, sans peurs, une nuit longue de sommeil avec des rêves comme remèdes à nos peines quotidiennes…

Viennent les maux d’après minuit qu’on essaie de mettre sur papier, encre en larmes, noire couleur désespoir, delà jaillissent nos meilleurs vers, qui viennent des fonds des bouteilles de bière qu’on a bues la veille et lesquels à chaque fois nous réservent des mots qu’on n’attendait point. Point à la ligne, et un nouveau texte jaillit, encore un dernier, afin que l’insomnie ne soit pas sans utilité, afin que de la souffrance naisse de l’art, et afin que des peines sortent des lignes de poésie…

Viennent les gouttes de pluie, nous accompagner dans la solitude de la nuit, on les écoute tomber, à bras ouverts on sort les embrasser. Parfois un café est au rendez-vous, on sort l’acheter depuis la cafétéria d’à côté, celle où se trouvent les gens de la nuit, les insomniaques et les SDF, mais aussi ceux qui ont voulu prolonger l’ivresse jusqu’aux aurores et puis les souffrants qui ont du mal à s’endormir…

On rentre de ce café à deux sous, pour revenir au-dessous de la couette, regarder la télé bien au chaud ou voir des vidéos sur ces petits appareils intelligents produits pour remplir ce vide en nous, ce trou qu’on a à trop penser et à rester seul, parfois on ne comprend pas ce vide qu’on ressent, il est amer et désagréable, parfois violent, il est morne, il est la mort en permanence, une mort qui dure alors qu’on respire, parfois de ce trou à l’intérieur de nous sort un texte, ou une peur qu’on comble avec ce qu’on peut, café, eau, bière s’il en reste encore, on a déjà tout bu la veille…

Alors on réessaye de s’endormir, on pense parfois même à mourir tellement on est seul et incapable de remplir ce trou. Et plus le temps passe plus on se lasse de s’ennuyer et de réfléchir, le café terminé, la bouteille d’eau presque achevée, les yeux cernés, le corps complètement épuisé, on finit par s’endormir, et l’ennui et le vide finissent par partir, pour attaquer une nouvelle nuit de sommeil pleine de rêves ou de cauchemars, de bouffées de chaleur ou de chaleur tout court, à notre guise !

Texte et Photographie Kais Ben Farhat

les commentaires

comments

Les plus populaires