Culture

Les joies de l’insomnie (2), par Kais Ben Farhat

L’insomnie : est-ce seulement lorsqu’on ne dort pas ?
Ou c’est plutôt lorsqu’on s’évade, lorsqu’on s’enfonce dans les profondeurs ténébreuses de la mélancolie et de la tristesse humaine, lorsqu’on partage avec soi-même un pur moment de chagrin et qu’une vague d’idées noires bouge violemment telle une tempête sur notre effroyable mal être…

Lorsqu’angoisse et anxiété se confondent et ne font qu’un à l’intérieur de notre âme appauvrie, et que notre estomac réclame de plus en plus de nourriture et d’alcool pour satisfaire sa faim qui semble à ce moment-là de la nuit immense…

Lorsque le vide est à son comble, et que ce creux à l’intérieur de notre être devient de plus en plus large, il égalerait l’océan atlantique avec ses tempêtes et ses violentes vagues s’il pouvait être comparable à une fiction…

C’est lorsqu’on devient esclave d’une pilule du bonheur pour dormir même deux petites heures et que sommeil est synonyme du bonheur lui-même,
L’insomnie c’est le rien, le néant, le pas, le non, le point et surtout l’absence, etc…

Ce n’est pas seulement lorsqu’on est fatigué et que c’est une nuit blanche qui nous attend…Mais c’est lorsqu’on a en même temps une faim de lion et une soif d’autodestruction, qu’on doute et que le vide qu’on ressent pendant la journée est multiplié par cent…

Lorsqu’une douleur se ressent quadruplement, et que tout est amplifié, même la peur, qui reste l’un des pires ressentis qu’on puisse vivre…

Enfin c’est lorsque l’être aimé qui nous manque le plus au monde n’est pas là corps à corps bien au chaud, tout près pour nous réconforter et nous consoler de nos peines les plus interminables et nous extraire ce sentiment de solitude qui nous cramponne, nous laissant seuls et personne à qui le dire !

Je pense que l’insomnie c’est lorsqu’on n’a qu’une envie, c’est dormir afin que ce sentiment d’infini cesse, mais qu’il ne cesse qu’au lever du soleil qu’on adorerait qu’il se couche à cet instant là, et qu’une belle nuit de sommeil nous attend.

Une nuit où se mêlent des rêves lumineux, des envies qui se réalisent et des fictions qui deviennent réalité, qu’on ne peut pas vivre lorsqu’on est éveillé mais seulement lorsqu’on est docilement endormis !

Texte et Photographie Kais Ben Farhat

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