Culture

Les deux tiers des librairies francophones du monde fermées

Avec plus de 300 membres à travers le monde, l’Association internationale des librairies francophones effectue des mises au point régulières de la situation. La pandémie, la fermeture des établissements, les politiques instaurées selon les pays : chacun fait face à des problématiques différentes. Depuis quelques semaines, l’AILF permet de s’informer sur l’évolution sur les différents territoires.

Voilà quelques jours encore, les libraires du réseau étaient confrontés à une désorganisation déroutante, affectant les commandes de même que le circuit d’approvisionnement. Au 31 mars, la sanction est lourde : plus des deux tiers des librairies francophones sont fermées, dans 29 pays.

Les raisons invoquées sont multiples : recommandations du gouvernement, frontières fermées, commandes bloquées à la frontière, impossibilité de se rendre sur le lieu de travail et d’envoyer des commandes, interruption de la chaîne d’approvisionnement en France, simple mesure de précaution ou tout simplement respect pour l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre et les lecteurs pour ne pas les mettre en danger, analyse l’AILF dans un document établissant l’état des lieux.

La perte de chiffre d’affaires, qui sévit en France, se trouve amplifiée, et les libraires francophones souffrent également de l’absence quasi généralisée d’aides locales — que ce soit en termes de protection sociale ou de chômage partiel. Le maintien des charges pèse lourd, et les services de livraison déployés ne pallient qu’à grand-peine la perte d’activité. Cela, sans compter les troubles politiques qui ont fortement impacté, ces derniers mois, l’activité des librairies au Chili, à Hong Kong, au Liban, en Algérie, en Afrique sahélienne, pointe l’AILF.

En Tunisie, témoigne ainsi Al Kitab, « il nous est absolument interdit de nous déplacer et de travailler autrement qu’à distance. Les autorités ont établi une liste de produits de première nécessité parmi lesquels les livres ne font pas partie, et nous respectons ce choix. Ceux qui n’appliquent pas et continuent à faire des livraisons pour des produits ne figurant pas sur cette liste encourent de graves sanctions ».

Au Chili, le gouvernement a demandé le confinement le 26 mars : le lendemain, les librairies étaient fermées. À Santiago, Le Comptoir pense disposer d’une trésorerie de deux mois. Mais le chômage n’existe pas, ce sera donc un licenciement pur et simple pour les salariés passée cette période.

Avec agences

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