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Le décès du leader djihadiste Abou Iyadh confirmé par AQMI

Annoncée plusieurs fois à tort, la mort d’Abou Iyadh était devenue un serpent de mer. AQMI confirme désormais le décès de ce leader du djihad armé en Tunisie, aux cotés d’autres chefs de son commandement.

Formé au sein du mouvement de la tendance islamique (MTI), l’un des ancêtres du parti Ennahdha, il s’était fait connaître en s’engageant en Afghanistan et en fondant le groupe combattant tunisien GCT, soupçonné d’être derrière la mort du commandant afghan Massoud, assassiné lors d’une fausse interview avec caméra piégée.

Lourdement condamné et emprisonné en Tunisie, Abou Iyadh (de son vrai nom Seifallah Ben Hassine) avait finalement bénéficié de l’amnistie décrétée au lendemain de la révolution. Une nouvelle page s’ouvre alors pour cette figure nationale. Appuyé par des figures religieuses telles qu’Al Khatib Al Idrissi, célèbre prédicateur aveugle basé dans la région de Sidi Bouzid, il parvient à attirer de nombreux fidèles dans les rangs de son nouveau groupe, Ansar al-Charia.

Toléré sous le gouvernement d’Ali Laarayedh, Ansar al-Charia a eu pignon sur rue, au point qu’il n’était pas rare à l’époque de croiser ses tentes de prédication ou ses membres lors de manifestations. Mais le groupe a rapidement été accusé d’être derrière les assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, mais aussi de plusieurs attaques contre les forces de sécurité et contre l’ambassade américaine à Tunis.

Contraint à rester caché, Abou Iaydh réalise un véritable tour de force en apparaissant quelques jours plus tard dans la mosquée Al Fatah, en plein coeur de Tunis. Là, dans le quartier très fréquenté du Passage où croisent les lignes du tramway de la capitale, au milieu de fidèles dont certains gardent les grilles du monument religieux, il donne un prêche diffusé via des hauts parleurs. Alors que certaines rues alentours sont quadrillées par la police et les forces spéciales, des hommes crient et courent. Un mouvement de panique s’ensuit et le leader djihadiste parvient à s’échapper parmi la foule.

Malgré ce nouveau pied-de-nez aux autorités, il aura fallu attendre août 2013 pour qu’Ansar al-Charia soit classé terroriste dans le pays, puis terroriste international l’année suivante par Washington. Il avait depuis été localisé en Libye, puis dans la zone sahélienne.

Des sources assurent qu’il aurait été tué dans une frappe de Barkhane, au Mali. La France ne confirme pas pour l’instant son implication directe.

Avec agences


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