Billet d'humeur

L’adultère ne prendra fin qu’avec la mort du dernier couple

Les sujets sur l’adultère m’intéressent beaucoup étant moi-même concerné. Ce n’est guère une critique mais un complément d’informations vécues par un septuagénaire permettant à vos lecteurs de la génération actuelle, natifs des années 50, d’être un peu plus éclairés.

L’adultère a été confirmé depuis la nuit des temps par les épouses de Noé et Loth. Il ne prendra fin qu’avec la mort du dernier couple humain. Certains souvenirs et anecdotes vécus me reviennent à l’esprit quand je lis les différents dossiers ou enquêtes sur le sujet et confirment que l’adultère était autorisé par la bigamie, la polygamie et le divorce sauvage.

Le mariage des adolescentes au choix du paternel à des maris doublant et triplant leurs âges. Ce même scénario se répétait pour le jeune homme, mais version féminine et c’est au tour de la maman de choisir le hammam des filles à marier. La coutume exigeait que le premier mariage du jeune homme, mineur, soit à la charge du père afin de préserver le jeunot de la délinquance.

Les conséquences de ce mode de vie imposé ne pouvaient entraîner que l’adultère en majeure partie pour les hommes rendus gourmands par la fréquentation des filles de joie. Quant aux femmes, vu le manque de liberté, elles ne manquaient pas l’occasion d’être infidèles. Encouragées par un mariage contre leurs grès, lorsque le prince charmant faisant vibrer leurs cœurs se présente, tous les moyens sont bons pour échapper à la galère.

Le stratagème des femmes est alors de force seize et l’intrigue des hommes est cendre de braise : On racontait qu’un commerçant élisant boutique dans les souks se prenait pour un don Juan. Il dota son magasin d’une anti-chambre pour les besoins de sa chasse de pigeon blancs. Célibataire endurci, craignant d’être trompé une fois marié, il s’arma d’un calepin sur lequel il nota tous les mensonges avancés par ses conquêtes à leurs maris. Une fois son carnet rempli, il décida de se marier. Durant le premier mois du mariage, son épouse lui demanda l’autorisation de rendre visite à sa mère. Notre commerçant consulta alors son calepin et trouva la demande formulée par son épouse déjà enregistrée et refusa la requête.

A chaque demande de sortie de l’épouse, le refus par le calepin est manifesté. Séquestrée et ayant compris le manège de son époux, elle décida de montrer à ce coq hardi la machination des femmes. Après un exquis déjeuner et un bon verre de thé, l’époux se prépara pour aller travailler. Son épouse lui demanda alors : Ma mère me manque beaucoup, j’aimerai tant lui rendre visite en ta compagnie cher mari.

N’ayant pas trouvé ce mensonge dans le calepin, l’époux fut heureux de satisfaire le vœu de sa femme. Il était de coutume dans le passé, que l’homme oriental devance la femme de quelques pas. Celle-ci suivait à distance. Ainsi, les époux circulaient dans la ville arabe. A un moment donné, ils passèrent devant la boutique d’un coiffeur où celui-ci se lézardait devant sa porte. Il lança un compliment à l’épouse éloignée du mari, qui lui fit signe de la suivre.

Engagés dans une rue à bifurcation où plusieurs ruelles voûtée appelées « Sabat » situées à droite et à gauche. L’époux devançant son épouse en coq hardi et ergots dans la vase, prit la ruelle de droite alors que l’épouse s’engagea dans celle de gauche, suivie par un futur amant.

Après avoir parcouru un bout du chemin, l’époux se retourna et s’aperçut de l’absence de sa femme. Il rebroussa alors chemin et trouva sa femme dans les bras de son amant qui lui lança : Hamadi, ajoute une autre note dans ton calepin et rends moi ma liberté !.

L’adultère résulte d’un besoin naturel découlant de la sexualité, source de la procréation, mère de la psychologie confirmée par son géniteur Freud dans sa fameuse recommandation « On n’a pas le droit de juger autrui ». On constate et on se pose le « pourquoi ». Ce conseil qui vaut son pesant d’or, m’a beaucoup aidé. Il m’a évité  les insupportables situations conjugales soldées par un divorce. Malgré mon vécu dans un fauteuil roulant, rien de mieux que la séparation bienfaitrice pour le corps, l’âme et la raison. Les causes de ce que nous appelons infidélité conjugale, adultère ou lâcheté, ne sont que les cartouches de défoulement pouvant être dangereuses.

Elles ont différentes causes sociales ou psychologiques, le désir, le vice, la vengeance, la jalousie, l’impuissance, la frigidité, la ménopause, notamment congestionnée, la pauvreté, le chômage, l’absence du mari, l’émigration, la détention…. A cet effet, l’anecdote suivante le confirme. Plusieurs cas d’adultères sont tolérés. Paul, représentant commercial, avait passé le plus clair de son temps dans les déplacements. Marie, son épouse, était solitaire durant son absence. A l’âge de la retraite, sur un banc d’un jardin public, Paul demanda à Marie : « Ma chérie, je voudrais te faire une confidence, afin de tranquilliser ma conscience. Depuis notre mariage, je t’ai trompée à trois reprises. Et toi ? ». Marie baissa la tête et Paul lui dit : « Allons Marie, il ne faut pas avoir honte, c’est du passé tout ça ! Alors tu m’as trompé oui ou non ? ». Toujours la tête baissée, Marie ne répondit pas et Paul impatient reposa encore une fois la question. Marie énervée, leva enfin la tête en lui disant : «  Mais laisse moi encore compter, j’ai pas fini ! ».

Quant aux patrons et assistantes, la mode est internationale en existant bel et bien. Deux secrétaires ont été engagées dans un même organisme. L’une avait un niveau de 4ème année secondaire, charmante et belle, avait obtenu le poste de secrétaire de direction du premier responsable. La seconde, bachelière, peu gâtée par la nature, occupa le poste de secrétaire d’un simple chef de service.

Il est à noter que les deux employées sont mariées et mères de famille. Arrivées à l’âge de la retraite, la secrétaire du patron avait atteint le grade de directeur, alors que l’autre avait à peine atteint le grade de sous chef de service. Sans commentaires !

La bigamie et l’exogamie parrainent  l’adultère en offrant jouissance et bonheur éphémère aux amants et maîtresses. Ces derniers font éclater les familles et ceux qui paient les plaisirs de papa et maman, ce sont les enfants. Pour eux, c’est parfois l’aubaine. Papa et maman sont en désaccord, occupés chacun par un « amour », vive l’infidélité et à nous la liberté.

Cupidon déçu, déposa sa démission, pleura Roméo et Juliette, l’amour d’antan brisa les flèches de la passion, devenues symbole d’adultère et de trahison.

Ce sujet pourrait en quelque sorte être admis par les temps qui courent, mais quand il s’imprègne d’hyper infidélité et d’abus de confiance d’un époux frappé par l’infortune du sort, devenu handicapé sur un fauteuil roulant… A ce stade de bestialité, l’adultère devient arnaque et ignominie.

La meilleure façon d’agir après ma déficience, n’était guère de me venger mais uniquement de divorcer. Accepter les déboires de la vie avec foi, patience, solitude, musique, poésie et si possible quelques rares fidèles amis.

En définitive, que ce soit l’adultère de nos ancêtres ou celui des temps actuels, c’est la façon qui change, pas le fond. Rien n’est étonnant de nos jours, plus l’univers évolue, plus il avance vers sa destruction. Le temps que nous vivons n’est qu’un exemple bien vivant de nos déceptions.

F.R

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