Billet d'humeur

La Galite : le cri de détresse d’une amoureuse de l’île

J’ai encore des étoiles plein les yeux du ciel nocturne de l’île de La Galite que j’ai eu la chance inouïe de visiter en 2019. J’ai eu le privilège de connaitre de prés quelques-uns de ses mystères. Je me suis baignée dans les eaux turquoises de l’île, j’ai goûté à ses figues et même à ses mûres sauvages.

J’ai marché tant bien que mal pieds-nus sur les galets et j’ai escaladé en trébuchant l’une de ses montagnes.

J’ai respiré son grand air si pur et la nuit tombée j’ai pu admirer son ciel étoilé qui offrait une vue imprenable de la voie lactée. J’étais enlacée dans les bras infinis de cette île fabuleuse.

Nous étions une vingtaine à vivre cette expérience unique en suivant avec grande curiosité notre guide Abdelmajid Dabbar, président de l’ONG Tunisie Écologie, le premier amoureux de cette terre bénite. Il nous racontait avec passion les mille et une histoires féeriques de cet endroit autrefois peuplé de Galitois, de la faune, de la flore et même de son granite ébène d’exception unique en son genre et propre à l’ île.

Grâce à notre précieux guide, nous avons pu admirer le vol prestigieux du faucon d’Eléonore, connaitre son statut et son comportement hors du commun. Mais la découverte la plus émouvante étaient sans aucun doute les grottes de la Galite… l’école à une seule classe et même l’église Et puis… la maison du leader Habib Bourguiba.

J’ai tant aimé et tout aimé de cet endroit paradisiaque à part hélas l’état d’abandon et de désolation étrange qui régnait dans la maison où Bourguiba avait passé des jours et des semaines !

Tout était en état exécrable comme si des vandales y sont passés. Je suis montée dans le bateau du retour non sans une nostalgie et avec une image bien triste. Un lieu, qui devait normalement faire partie du patrimoine, est plutôt saccagé sans pitié. Pourtant la maison de Bourguiba avait été juste avant la révolution restaurée et meublée.

Les portes et fenêtres étaient grandes ouvertes, des vitres brisées sur le sol sans plus aucun meuble. D’autres maisons qui ont assisté à la belle époque de l’île sont aussi en train de tomber une pierre après l’autre.

C’est bien beau de présenter cette île comme le point le plus septentrional de l’Afrique, de la qualifier de paradis sur terre et d’être si fier de la compter parmi les plus belles îles tunisiennes, toujours faudrait-il bien s’en occuper, restaurer ses vestiges, ses monuments historiques, et préserver sa faune et sa flore qui risque à jamais de disparaître.

Rym Ben Sedrine

Crédit photos Amine Mouelhi

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