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Human Rights Watch appelle à mettre fin aux poursuites contre Mounir Baatour

Les autorités tunisiennes devraient abandonner les poursuites judiciaires contre Mounir Baatour à la suite de son message posté sur Facebook jugé offensant pour l’islam, annonce Human Rights Watch dans un communiqué.

Le 6 novembre 2019, le procureur chargé de l’antiterrorisme au tribunal de première instance de Tunis a ouvert une enquête sur Mounir Baatour, avocat et président de Shams, organisation qui défend les minorités sexuelles, pour incitation à la haine, à la discrimination et à la violence.

Le 4 novembre, Baatour avait partagé sur son mur un contenu accusant le prophète Mohamed d’être un violeur et un tueur, et raillant sa vie sexuelle en des termes grossiers. Baatour a peut-être offensé certains Tunisiens avec ces statuts, mais ce n’est pas une raison pour le poursuivre en justice, a déclaré Amna Guellali, directrice du bureau de Tunis de Human Rights Watch. Les lois devraient être utilisées contre de véritables incitations à la violence imminente, pas contre des opinions, même teintées de vulgarité ou jugées blessantes par certains groupes, a-t-elle ajouté.

Baatour a indiqué à Human Rights Watch avoir fui en France, où il a demandé l’asile, après avoir reçu des dizaines de messages de la part d’utilisateurs non identifiés le traitant d’apostat et le menaçant de mort. Un prédicateur tunisien notoire (Khamis Mejri, ndlr) a appelé à l’application de la punition prévue par l’islam pour apostasie qui serait la mort. La Tunisie n’a pas de loi criminalisant l’apostasie.

Les traités internationaux des droits humains auxquels la Tunisie est partie protègent ce type de discours. Tourner en dérision les religions ne doit pas être assimilé à une incitation à la discrimination ou à la haine. Depuis 2011, les autorités tunisiennes ont également poursuivi d’autres personnes pour des écrits jugés blasphématoires. Le 28 mars 2012, un tribunal de première instance de Mahdia a condamné Jabeur Mejri et Ghazi Beji à sept ans de prison pour des publications satirisant le prophète Mohamed, une peine confirmée en appel.

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