Culture

Faia Younan, l’artiste engagée syrienne au festival de Carthage 2019

Celle qui n’avait jamais cessé de caresser un jour le doux rêve de monter sur la prestigieuse scène de Carthage a déjà réalisé son vœu et est aujourd’hui une super star.

Malgré son jeune âge et sa courte expérience artistique, la chanteuse Faia Younan a pu bouleverser la scène artistique arabe. Elle est en effet l’incarnation de la nouvelle icône de la chanson qui a su répondre aux goûts d’une jeunesse arabe frustrée, assoiffée d’un renouveau musical et surtout d’une nouvelle image de la star arabe avec cet attachement aux grandes valeurs humaines. Elle a réussi à offrir une thématique d’actualité, qui reflète la sensibilité de cette jeunesse et qui répond à un besoin de se libérer d’images désuètes.

Tout a commencé en pleine crise arabe en 2014. Deux charmantes sœurs Faia et Rihane avaient posté leur vidéo intitulée « Biladi », suivie par la suite par « Li fi Halab » ou encore « Tazannar Bi itri ». Comme une traînée de poudre des millions de partages et de vues ont été recensés sur les réseaux sociaux. Depuis, une carrière artistique est en marche pour Faia. Des millions d’auditeurs deviennent fans. Elle n’en revient pas et lors d’interviews, elle en est toujours aussi surprise.

L’artiste, qui avait impressionné Carthage en 2018, s’est déjà familiarisée avec son public. Le chaleureux public tunisien et ses capacités sans égales de par le monde de communion avec l’artiste. Mieux encore, en montant sur scène dans votre beau pays je me suis trouvée face à de vrais mélomanes, de fins connaisseurs au fait de l’actualité qui m’ont surprise à entonner même les refrains de mes chansons dont l’existence ne dépassait pas les deux ou trois mois. Un phénomène exceptionnel que je n’ai jamais connu de ma vie, avait alors confié l’artiste.

Faia Younan prouve de jour en jour son potentiel vocal avec un timbre d’une rare préciosité qui nous rappelle les plus grandes des grandes divas de ce siècle. D’ailleurs, elle est souvent comparée à Fairouz. Faia Younan avait gravé en 2018 à Carthage en lettres d’or son entrée au peloton des seigneurs de la chanson arabe. A part les titres de son répertoire qui ont forgé sa renommée, l’artiste qui chante sa patrie dans la douleur, la liberté en sursis, la tyrannie, la résistance, la paix….tel « Halab » le titre qui l’a propulsé au firmament, Faia Younan prépare certainement comme l’an dernier, d’autres surprises concoctées spécialement au public comme chanter admirablement le répertoire musical tunisien..

Avec sa voix douce et chaude à la fois, la chanteuse suédo-syrienne continue de surprendre encore et encore. Elle avait séduit et ému surtout lorsqu’elle avait rendu hommage au poète tunisien feu Sghaier Ouled Amed à travers son poème « Ouhebbou Al Bilada Kama La youhebbouha Ahad ». Elle avait touchée le public au plus profond de son être en transformant ce poème puissant et troublant en un hymne panarabe.

La fille d’Alep avait conquis les enfants de Carthage comme l’avait fait dans un passé très lointain une certaine Elyssa dont nous sommes probablement les heureux descendants. Carthage lui réserve cette année une grande place de choix, en signe de révérence à son talent distinguée.

N.A

les commentaires

comments

Les plus populaires

Nous contacter : enbref.tn1@gmail.com

Copyright © 2015-2019