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EXCLUSIF. Nabil Karoui : j’ai vécu la proclamation des résultats sur une paillasse dans une cellule sordide

Nabil Karoui, candidat à la Présidentielle, reste en prison après le rejet mercredi soir d’une nouvelle demande de libération. En détention à la prison de la Mornaguia depuis le 23 août dernier, il est arrivé en deuxième position (15,58 % des voix) de la présidentielle, derrière Kaïs Saïed (18,4 %).

Loin de la politique, nous avons voulu sonder l’humain. Il nous a répondu depuis sa prison à travers l’un de ses avocats qui lui a lu nos questions et nous a ensuite transmis ses réponses.

Comment avez-vous vécu la proclamation des résultats ?

C’était une situation surréaliste de me retrouver au 2e tour de la Présidentielle qui aurait dû être une grande joie dans ma vie. Une joie qui aurait dû être partagée avec ma famille, mes amis et mon équipe. Ce moment unique dans la vie d’un homme, je l’ai vécu sur une paillasse dans une cellule sordide éclairée d’un néon. Une petite télévision, si proche et tellement loin de la fonction présidentielle, en étant le détenu matricule 907419.

Salwa Smaoui a été très active lors de la campagne électorale. A- t-elle été une découverte pour vous ?

Le peuple tunisien découvre peut-être aujourd’hui quelle femme extraordinaire est Salwa. Cependant, cela n’a pas été une surprise pour moi, car cette femme intelligente, loyale, résiliente et brillante dans son expression, je la côtoie depuis plus de 20 ans. C’est la partenaire de vie. Ensemble, nous avons vécu le paradis et l’enfer. Ce moment n’est qu’une péripétie dans notre saga familiale. Plus l’injustice est élevée, plus Salwa sera à la hauteur.

Quel regard portez-vous sur la femme en général ?

Le poète a dit « la femme est l’avenir de l’homme », la Tunisie au 21e siècle, la femme est le présent de l’homme et du pays. Mon père n’a jamais eu de sœurs. Elles sont toutes décédées très jeunes. Nous étions trois enfants, deux garçons et une fille. Mon père nous a toujours éduqués à mettre en valeur notre petite sœur, la protéger et surtout la considérer comme une égale.

Pour moi, depuis mon enfance et conformément à mon éducation, l’égalité homme/femme ou garçon/fille était une évidence. Dans la famille Karoui, la majorité des enfants sont des garçons. Les filles sont rares, précieuses et par conséquent choyées.

Le jour où je suis entré en prison injustement, je savais que je pouvais compter essentiellement sur quatre femmes de trois différentes générations : ma mère, qui a toujours été forte comme du roc et d’un soutien inconditionnel à ses enfants, ma femme le pur jus gafsien, ma sœur l’artiste, le ciment de la famille ainsi que ma plus grande fierté, ma fille chérie Kenza, mon trésor, une femme libre déjà à 16 ans.

H.A

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