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Comment les célébrités tunisiennes vivent-elles leur confinement

Avec les mesures prises par le gouvernement contre le Covid-19, le pays est presqu’au point mort. Entres autres, les spectacles, festivités et concerts sont annulés. Pour les artistes, c’est le chômage technique. Les mesures de confinement et la fermeture des espaces sont pour beaucoup un drame économique.

Certaines célébrités ne se laissent pas abattre pour autant et rivalisent même d’imagination pour garder le moral en tentant d’être toujours occupées et créatives. Elles se confient à Enbref.tn. Témoignages.

Najla Ben Abdallah, comédienne : je suis déjà une adepte du confinement

Le confinement est toujours bénéfique pour les artistes. Nous avons toujours besoin de recul, faire le vide pour fixer les projets et les priorités. En ce qui me concerne, je suis déjà une adepte du confinement avant cette crise et le train de ma vie n’a pas vraiment changé. De bon matin, nous prenons notre petit déjeuner et avec ma petite, nous jouons à faire du coloriage, dessin peinture… A chaque fois une activité différente s’invite et de temps à autre, le sport est le bienvenu.

Je m’endors souvent en pensant comment tout cela va finir, si on pourra tout gérer, si les économies vont suffire. Je pense aussi à la scolarité des enfants et à leur avenir.

Je pense à tous ceux que je ne peux voir pour le moment tels surtout mes parents, mon frère, ma sœur, mes amis quoique j’en vois quelques-uns quand je fais les courses.

Je suis optimiste et je prie Dieu pour que tout se passe bien. Je pense aussi que cela changera les gens pour plus de conscience sur leur vie et celle des autres. Cela créera un élan de solidarité, les gens vont s’aimer un peu plus car la chaleur humaine a manqué terriblement.

Lorsque chacun est confiné chez soi, il prend plus conscience de la valeur de la famille, des voisins et des amis.

Nedra Lamloum, comédienne : je vis plus ou moins bien le confinement »

Je vis le confinement plus ou moins bien. J’habite à peine à 15 minutes de chez mes parents sans pouvoir les approcher au quotidien comme à l’accoutumée. Je pense aussi à mon frère, à sa femme et à ma sœur basés au Canada travaillant pour le moment en ligne. Je m’inquiète le plus pour ma sœur Yasmine si loin d’ici au Québec. Sinon je demeure à la maison, je m’occupe surtout de mon fils qui n’a pas l’habitude d’être aussi enfermé.

Il a déjà fait deux crises et je me sens frustrée souvent d’être aussi impuissante devant des faits qu’on n’a pas cherchés. J’essaie de m’adapter à cette nouvelle situation en discutant avec mon fils pour lui expliquer que parfois il faut savoir se sacrifier pour éviter le pire. Heureusement que nous vivions l’époque de l’internet qui permet de nous voir et d’avoir des nouvelles instantanément.

Je vis mal cette période mais en pensant que sans doute on va pouvoir mieux se relever car comme le dit le proverbe :  si le coup ne te tue pas, il te rendra plus fort. 

Zine Haddad, chanteur :  un intérêt pour les documents familiaux n’était pas mes priorités  

Comme dans tous les pays du monde les Tunisiens se conforment au confinement général. En tant qu’artiste, j’essaie d’exploiter ce temps qui parait long par différentes activités. A titre d’exemple, mon intérêt pour les différents papiers familiaux et documents privés qui n’était pas du tout mes priorités auparavant. Je vérifie, je range et je révise un ensemble de travaux sonores et visuels de mes différents spectacles privés.

Je me plonge dans des différentes lectures et je trouve même un peu de temps pour des travaux domestiques. Je suis régulièrement les informations nationales et internationales sans omettre de faire un tour d’horizon sur le volet culturel particulièrement français. Je réserve également du temps pour produire, composer et chanter des textes en harmonie avec le contexte vécu. Ces jours ci, j’ai déjà composé une nouvelle chanson qui met en relief l’influence d’un virus sur l’humanité.

Leila Chebbi, comédienne : du temps pour le Cabaret. Un spectacle  pour la fin de l’année 2020 

Je vis mon confinement en me réveillant tard pour veiller tard en suivant beaucoup de films. Je ne rate pas non plus les informations tout en prenant du temps pour cuisiner.

Je profite aussi de ce temps  imposé pour la réflexion et la concentration. J’ai déjà commencé l’écriture de « Cabaret ». Un spectacle  pour la fin  de l’année 2020… Inchallah.

Il m’arrive entre deux textes de faire très vite des courses. Je n’oublie pas non plus d’appeler ma famille et avoir des nouvelles.

Kaouther Belhaj, comédienne : je vis le confinement sur la terrasse avec mes réalisations écolos 

Le confinement ne me dérange pas trop puisque je suis déjà casanière. J’adore rester à la maison où je vis avec une nouvelle passion pour le jardinage, accentuée ces derniers temps avec l’amour de réaliser des pots ornés de plantes. Etant donné que j’ai pris conscience que les pots coûtent de plus en plus cher, j’ai pensé à les réaliser moi-même. Je me sers de mon jardin pour les plantes et des différentes graines que je me procure d’ici et là.

A part cela, je m’occupe comme la plupart des femmes qui ont à la charge une famille pour cuisiner et les différents travaux domestiques.

Cherif Alaoui, chanteur : confinement ne veut pas dire paresse 

Le confinement n’entraîne pas la paresse. Au contraire ce temps de ralentissement, j’écris, je joue du piano et autres instruments.

Je me remets à la peinture. Mon fils Habib (9ans) est un excellent dessinateur. Nous nous amusons à créer. J’apprends même la langue anglaise avec lui.

J’aime faire la cuisine. La plupart des chansons je les ai composées en cuisinant.

Hatem Bourial, homme de culture :  je tente de rester au plus près de ma mission de terrain…

Je prends ce confinement comme une invitation au travail, à la méditation et à la frugalité. Tout en appliquant les directives gouvernementales, je tente de rester au plus près de ma mission de terrain. C’est sur le mode virtuel que j’anime la station d’art B7 L9 à Bhar Lazreg. C’est aussi sur le mode virtuel que je partage des projets avec plusieurs amis artistes. Juste un dernier mot : j’invite tous les artistes à ne pas perdre de vue l’essentiel devoir de solidarité. C’est ce dont nous avons aujourd’hui le plus besoin.

Bochra Bel Hadj Hmida, ancienne députée : une occasion de nous rendre compte qu’on peut vivre autrement

Tout d’abord j’ai commencé le confinement avant la date officielle non pas par peur de la maladie mais pour ne pas participer à la propagation de la pandémie et ce, par conscience des moyens très limités de l’Etat.

La dernière activité publique était le 7 mars 2020. Les autres je les ai annulées. Par conséquent,  j’ai eu presque le temps de m’habituer à cette nouvelle situation. J’essaie cependant de vivre cela comme une opportunité. Je me réveille tantôt comme d’habitude vers six heures du matin tantôt plus tard.  Je prends le temps de me faire un petit déjeuner savoureux même s’il n’y pas assez de produits.

Je fais ensuite du tapis en lisant. Je ne lis que les romans. J’ai essayé de lire autre chose mais c’est impossible. Sinon je fais une petite promenade à la plage toute seule en respectant la distance de sécurité.

Après le déjeuner je me repose. Et voilà, entre Facebook, télé, lecture, appels, la journée est passée. Cette situation est sans doute l’occasion de nous rendre compte qu’on peut vivre autrement.

Hend Chaouch, championne de rallye : il vaut mieux être confiné chez soi, que dans un hôpital ou dans un sac mortuaire

En tant que pilote de Rallye, habituée à la liberté, aux grands espaces et à une vie sociale assez étoffée, je vis le confinement comme une limitation de mes activités, de mes mouvements mais je ne peux qu’applaudir tous les gouvernements qui ont pris l’initiative d’instaurer le confinement.

L’instinct de survie prenant le dessus sur tout, le sens de la responsabilité aidant, je me suis confinée bien plus tôt que conseillé ou ordonné par notre gouvernement. En effet, je suis à ma 3e semaine de confinement et je me dis et dis à ceux qui n’arrêtent pas de râler, qu’il vaut mieux être confiné chez soi, que gisant dans un lit d’hôpital ou jeté dans un sac mortuaire dans une fosse commune sans avoir droit à un vrai enterrement, une de mes hantises entre autres.

Pendant le confinement, je nettoie mon chez-moi, je range, j’astique, je fais l’inventaire de mes pièces de rechange de la voiture de rallye, je mets de l’ordre dans mes papiers, mes vêtements, mes épices, je cuisine comme tout le monde avec ce que j’ai de disponible, je regarde la télévision pour me tenir informée et aussi pour me divertir.

Ahmed Mejri, compositeur : j’ai découvert que l’humanité était si fragile et impuissante devant le moindre petit virus

C’est  un moment de confort, de détente et de paix que je suis en train de vivre avec moi-même, avec mon âme et mes créations musicales. Il vrai que je suis confiné dans la maison mais mes pensées sont ailleurs.

J’ai découvert que l’humanité est fragile et impuissante même devant un tout petit virus indivisible. J’essaie d’oublier tout cela en réalisant de bons petits plats, je sais mieux laver la vaisselle et mes vêtements. Je recompose également plusieurs de mes anciennes mélodies.

Martine Gafsi, actrice : une expérience inédite qui remet les valeurs à leur vraie place

Je commence ma journée par les infos sur les réseaux sociaux suivi d’un petit déjeuner. Je me déconnecte ensuite complément de l’actualité pour sortir faire une marche d’une heure à Gammarth.

Je couds un peu tous les jours. Je crée des poissons en tissus avec des garnitures en paillettes, parsemés de perles. Cette période m’a rendue très créative. J’écris un peu sur cette expérience inédite qui remet les valeurs à leurs vraies places. Mes amis me manquent mais on s’appelle régulièrement et on s’est promis de faire la fête très bientôt.

Rochdy Olwane, chanteur ; cuisiner avec mes sœurs s’avère une véritable passion

Dès le début de la pandémie, j’ai invité mes sœurs chez moi car je suis angoissé pour elles. Avec moi, je sens qu’elles sont plus en sécurité. Cela me réchauffe le cœur de cuisiner avec elles différents plats sucrés et salés.  Nous profiterons également d’être ensemble pendant le mois de ramadan qui arrive à grand pas. S’il manque quelque chose, je serais le seul à sortir.  

Pour le moment, je suis en train de lire « Rue d’Angleterre » de Maya Ksouri.

Hatem Belhaj, journaliste et auteur

Pas de confinement chez moi, je travaille tous les soirs à la radio pour accompagner les confinés… en toute sécurité.

Raouf Ben Amor, acteur

Depuis une dizaine d’années je me disais qu’il fallait mettre de l’ordre dans les documents, photos, articles de journaux que j’accumule depuis 50 ans. Classeurs, albums et chronos. J’ai jamais eu le temps de le faire. Eh bien j’ai commencé le boulot il y a une semaine à raison de 3 heures par jour. Grâce au confinement, je suis à mi-chemin.

Sinon j’écoute énormément des musiques du monde. Je lis des numéros spéciaux du Magazine  » Le Point ».Je suis également les différents réseaux sociaux et un peu la télé juste pour les infos.

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